Forum international „Métamorphose et Catastrophe“

From the UTCP University of Tokyo Center for Philosophy’s blog

25 November, 2013
KOBAYASHI Yasuo, YAMAOKA Riyako, HOSHINO Futoshi,TAKAYAMA Hanako

We co-organized an international symposium “Metamorphosis and Catastrophe” at Sofia University, Bulgaria (from October 31 to November 2, 2013). The symposium was organized by Profs. Boyan Manchev (New Bulgarian University), Darin Tenev (Sofia University) and Yasuo Kobayashi (University of Tokyo). Around fifteen participants joined from Tokyo, Paris and Sofia.

On October 31st, Prof. Kobayashi gave a special lecture entitled „« Ne jamais céder le vide » : une pensée de désastre d’après la catastrophe (ou l’impossible métamorphose vers le sage).“ And on November 1st and 2nd, each participant gave a presentation at the Centre for Advanced Studies, Sofia.

Thanks to the participants from Sofia, especially Profs. Manchev and Tenev, we had stimulating sessions and enthusiastic discussions both in English and French. In addition, we had a chance to meet students of Sofia University, who engaged in an occupation protesting against the government. We also wish to thank Miglena Nikolchina, Dimitar Bozhkov, Kamelia Spassova, Maria Kalinova, Enyo Stoyanov, Deyan Deyanov, and other members, who worked for realizing a great symposium.

– Futoshi Hoshino (UTCP)

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Riako Yamaoka (UTCP)

This was my first visit to Sofia in Bulgaria, and for three days the beautiful autumn sky was impressive. The theme of the international conference in Sofia was “Transformation and Catastrophe“. In total, fifteen presenters participated, nine from Sofia University and six from the University of Tokyo. Quite unexpectedly, we had to hastily change the venue because Sofia University was occupied by a protest movement of students against the government. On the first day, Prof. Yasuo Kobayashi introduced the conference with a lecture entitled “« Ne jamais céder le vide », une pensée de désastre d’après la catastrophe”. The place was filled with a large audience, and I felt great interest on the part of the students and faculty in this meeting. I think that Sofia University is known globally for the literary theories produced by celebrities such as Tzvetan Todorov and Julia Kristeva. I could read the attitude that was opened to new thinking and intellectual activity from talks and conversations with the participants of the Sofia side. So, I feel a deep sympathy as a person who has studied modern thought.

On the second day, the students of the University of Tokyo, the lecturers of Sofia University and the philosopher Boyan Manchev each presented their theories. There were many presentations that considered „transformation“ and „catastrophe“ through the thought of Blanchot, Derrida, and Nancy, mainly from the University of Tokyo side. On the Sofia University side, there were many individual and interesting presentations. For example, Mr. Satoyanov compared the notion of „catastrophe“ in Greek myth with the problem of modern community, and Ms. Spassova and Ms. Kalinova wrestled with this theme from a psychoanalytic standpoint as a pair. In particular, the presentation of Mr. Manchev: « Le double obscur de Prométhée désorganisation et catastrophe » captured the problem of transformation and catastrophe in Greek myth in relation to the notion of „sacrifice“. I think that it was a thought on the essence of this theme. This „sacrifice“ still continues in the time of technology, so we must find a new thinking to save people from disaster. I gave a presentation on the concept of „l’itérabilité“ (the possibility of repetition) in Derrida and on „le neutre“ (the neutral) in Blanchot in relation to the themes of transformation and catastrophe. Derrida points out that it is “co-pain” to be important in relation with others in the sentence of Blanchot. It may be important to take on the pains of others together as the best form for the transformation of subjectivity. It is never “sacrifice” which is given to the sovereign, but it is a thought that we are able to share pain with others in the relationship of „l’amitié“ (friendship).

On the third day, the faculty of Sofia University gave presentations, as well as Mr. Hoshino (UTCP) and the philosophy researcher Ms. Fallen. These presentations on the theme of the conference were very significant from the specialized viewpoints of each person. Finally, at the end of the day, in the lecture hall occupied by the students, Prof. Kobayashi gave a speech to encourage the occupiers. It was a historic scene that almost provided the illusion of a second coming of ‘68.

For three days, we could argue, discuss, and think about one theme at length, and we were able to spend a really substantial time on this. I want to deeply thank all the participants from Sofia University and the University of Tokyo that gave us such a splendid opportunity. I was really glad that Sofia University welcomed us like a family. I hope this will serve to build good relations that continue into the future.

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Kei Kiritani (University of Tokyo / University of Strasbourg)

Les deux sujets du colloque, « métamorphose » et « catastrophe », sont les concepts que Monsieur Boyen Manchev et Monsieur Yasuo Kobayashi ont développés dans leurs travaux. Chaque participant a répondu à ces sujets en s’appuyant sur leurs spécialités respectives.

En tant qu’intervenant, j’ai abordé « La question de l’eschatologie chez Jacques Derrida ». Derrida utilise la notion de l’eschatologie pour désigner une attente singulière de l’événement imprévisible. Mon intervention avait pour objectif d’amener une réflexion sur la relation entre l’eschatologie et la métamorphose. La réponse de monsieur Manchev à mon intervention était très intéressante. En démontrant une certaine sympathie intellectuelle pour la pensée derridienne, il a exprimé l’inquiétude que – pour autant que je comprenne – cette pensée eschatologique ne peut pas ne pas arriver à l’événement décisif qui arrête la métamorphose. J’ai l’impression que cette question est considérablement importante. La pensée derridienne permet-elle de penser le « demain » de l’événement eschatologique ? En partageant cette inquiétude, je voudrais répondre à une telle question dans mes études futures.

Dans les ateliers, nous avons traité de sujets variés selon le point de vue d’Aristote, de Walter Benjamin, de Jacob Taubes, de Maurice Blanchot, de Jean-François Lyotard, de Jean-Luc Nancy, etc. Malgré tout, grâce à l’excellente animation de Monsieur Manchev, Monsieur Kobayashi, Madame Miglena Nikolchina et Monsieur Darin Tenev, notre discussion n’a pas manqué de cohérence, mais a traité la question de la métamorphose et de la catastrophe chaque fois selon une optique différente. Il y a eu beaucoup d’échanges intellectuels entre les participants. Je souhaite tout particulièrement remercier Monsieur Tenev qui m’a proposé des suggestions sur la pensée de Derrida, et Monsieur Dimitar Bozhkov qui a fait une traduction simultanée admirable à la conférence.

Par ailleurs, l’occupation de l’université de Sofia par des étudiants qui a eu lieu presque simultanément avec le colloque, a clarifié l’aspect politique de notre travail. Nous avons consacré beaucoup de temps à discuter de la situation de l’occupation, de l’actualité de la politique bulgare et japonaise, de la question de l’attitude dans la politique et de la transformation politique etc. Je me réjouis si nous avons pu contribuer à l’analyse de ce grand événement.

Pour conclure, la contribution des participants de l’université de Sofia au colloque fut sensationnelle. Je voudrais leur exprimer ma profonde reconnaissance, mais ces remerciements seraient insuffisants pour saluer leur apport infini. Je souhaite souligner que j’ai eu de la chance d’avoir bénéficié d’une hospitalité quasiment miraculeuse à Sofia.

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Hanako Takayama (University of Tokyo)

Du 31 octobre au 2 novembre, à l’université de Sofia en Bulgarie, s’est tenu un forum international intitulé „Métamorphose et Catastrophe“ et j’ai eu la chance d’y participer. Quand j’ai eu connaissance de ce projet pour la première fois en été, la seule information qui m’a été donnée n’était que celle du lieu: la Bulgarie avec le thème provisoire „Métamorphose et Résurrection“. Immédiatement, donc, il m’est venu deux questions: pourquoi en Bulgarie? et pourquoi Métamorphose? Mais, en même temps, cela me semblait très intéressant puisque j’étais en train de réfléchir à une approche de la problématique du corps et du sens physiques chez Maurice Blanchot et de lire sa première publication, Thomas l’obscur, dans laquelle figurent maintes références à la métamorphose. Par ailleurs, le mot résurrection m’a évoqué la pensée de Michel Serres qui me retient en ce moment. En réalité, à l’arrière-plan de ce forum, l’essentiel ‘était la pensée de Jean-Luc Nancy et les travaux du Professeur Boyan Manchev qui poursuit sa recherche non seulement à partir de Nancy, mais aussi des problèmes philosophiques actuels, au moyen du concept clef „ontologie de la métamorphose“. Je n’étais pas sûre de bien répondre à cette idée centrale du forum et m’inquiétais. Cependant, j’ai préparé un article en français à Paris où je venais d’arriver.

Le plus impressionnant pour moi à Sofia, c’était l’entrecroisement des pensées des participants. Non seulement les matériaux préparés, mais aussi les intérêts fondamentaux des études résonnaient vivement là. Moi, j’ai fait un exposé intitulé „Le corps et les métamorphoses d’Anne dans Thomas l’obscur de Blanchot“. A partir de ‘Résurrection de Blanchot’ écrit par Nancy, j’ai analysé les métamorphoses d’Anne. Ce que j’aimerais éclairer, c’est la possibilité d’approfondir la question du corps sous les angles de l’émotion, du désir et de l’amour, autour de l’idée de métamorphose. Dans l’échange des questions et des réponses, heureusement, grâce à l’aide du Professeur Kobayashi, j’ai appris beaucoup. Le Professeur Manchev m’a suggéré l’idée de bien connecter ma discussion avec la problématique de l’image chez Blanchot et le Professeur Tenev m’a indiqué la possibilité de creuser la relation avec les motifs inhumains dans cette œuvre. Ce sont là d’intéressantes suggestions dont je leur suis reconnaissante. De même, la correction de mon article par Eric Dumont m’a été précieuse.

Après ce forum, des pensées autour des langues étrangères me reviennent sans cesse à l’esprit. Les collègues en Bulgarie travaillent sur des domaines très proches des miens, mais je ne peux pas lire immédiatement leurs travaux écrits en bulgare. C’est un vrai problème. Ainsi, la thèse de Monsieur Tenev et son travail sur Derrida publié récemment me semblent très intéressants, mais je ne pourrai pas les lire parce qu’ils sont écrits en bulgare. Je ne peux pas m’empêcher de penser mon travail d’écriture en anglais, en français et en japonais.

La tranquillité et la beauté de la ville Sofia sont vraiment merveilleuses. A la tombée de la dernière nuit, la cloche a sonné lourdement et bruyamment. Sa belle imminence, c’est un souvenir inoubliable. J’ai été très touchée de l’aimable accueil de mes collègues à Sofia. Je ne sais comment les remercier. Dans l’espoir de les revoir, j’aimerais continuer mon travail.

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Shunsuke Minami (University of Tokyo)

Dans ce colloque, sous le titre de «Ceci n’est pas « la métamorphose » : autour de Jean-Luc Nancy», j’ai fait la présentation dont l’objet est de chercher la signification de « la métamorphose » ou « la résurrection » chez Jean-Luc Nancy, le philosophe français, en la comparant avec la notion du « monde », dans une série de ses oeuvres appelée « la déconstruction du christianisme », surtout dansNoli me tangere (2003) et La création du monde ou la mondialisation (2002). Je crois que ma présentation partageait le fond significatif avec la conférence que monsieur Yasuo Kobayashi avait fait le premier jour, et aussi avec la réponse à lui de monsieur Boyan Manchev. Surtout, concernant le problème que monsieur Manchev a appelé « l’aporie de la métamorphose du monde », c’est-à-dire celui que l’on ne peut pas juger si la transformation du monde soit le moment créatif ou juste la catastrophe, j’ai fait le contraste entre la pensée de Nancy et celle dont la représentation est par exemple Gille Deleuze, autrement dit celle selon laquelle la métamorphose de soi comme une sorte de la créativité soit la façon positive de résister contre la transformation catastrophique du dehors-monde. Ensuite, en tant que vivant après la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, j’ai tenté de consister que la métamorphose-résurrection chez Nancy, avec la notion du « rien », puisse nous proposer la possibilité de métamorphoser autrement, comme une sorte d’espoir sans espoir.

À ma présentation, particulièrement à propos du problème de la nature religieuse chez la pensée de Nancy, monsieur Manchev m’a indiqué l’importance de pouvoir la traiter dés-religieusement. Désormais je vais rechercher ce thème par rapport à, par exemple, sa mention de la phénoménologie-théologie chez Jean-Luc Marion, ou le traité de la théologie négative chez Derrida, qui me semblent que l’un se trouve à proximité de l’autre.

Au fond de ce colloque, il m’a semblé que la voix derridienne a continué de résonner commeGeneralbaß, faiblement. Le mouvement des étudiants qui ont occupé l’université, peut-être l’occupent encore maintenant, comme s’il était couplé au thème du colloque, était aussi, je l’estime, une sorte d’attitude – le mot souligné par monsieur Kobayashi dans sa conférence – à ladite « aporie ». Ce que je veux dire ici, c’est que nous, pas seulement les participants de ce colloque mais aussi les étudiants universitaires, avons partagé sérieusement à ce moment-là la responsabilité de notre tâche qui nous est posée à faire comme « la métamorphose et la catastrophe ». Dans l’espace ouvert à l’université, qui m’a évoqué l’université sans condition, monsieur Kobayashi a continué d’accentuer cette phrase, « Ici nous sommes dans l’université, donc ce qu’il nous faut faire, ce n’est pas quelque chose comme la violence, mais apprendre. Il nous faut apprendre….» Dans mon oreille, ça résonnait avec Apprendre à vivre, enfin de Derrida. Les mots dans ce livre, pour nous à apprendre, filés par Derrida sur le thème de l’héritage savant, me semblaient être hérité du mouvement de la pensée partagée par tous les participants dans ce colloque.

Enfin, je remercie beaucoup premièrement monsieur Yasuo Kobayashi, mon maître, qui malgré mon immaturité m’a suggéré de s’engager dans ce colloque, et aussi les participants de l’université de Tokyo, qui m’ont beaucoup aidé sur place. Surtout, sans l’aide de monsieur Kobayashi cette expérience miraculeuse aurait sans doute été impossible pour nous. En outre, je remercie beaucoup aussi tous les participants de l’université de Sofia, y compris monsieur Manchev et monsieur Tenev, qui m’ecoutaient et me répondaient très sincèrement. Est-ce que c’est leur « hospitalité » qui était si miraculeuse qu’elle se trouve comme le quasi « impossible » derridien?

Post-scriptum
Je ne sais comment remercier madame Camille Fallen, qui m’a donné après ce colloque la chance incroyablement rare de « toucher » Jean-Luc Nancy, c’est-à-dire de parler avec lui directement.

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